Sculptures en terre
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Jean-philippe richard

Sculpteur

Jean-Philippe Richard, sculpteur drôme provençale

Le travail de la matière

Jean-Philippe Richard pratique le modelage depuis trente ans. Il a une approche figurative de la sculpture, explorant uniquement la figure féminine non réaliste. Autodidacte, le sculpteur travaille sans modèle, ce qui lui permet de s’affranchir des contraintes du réel. Malgré une formation peu orthodoxe, cet artiste est un technicien accompli : ses premières pièces en bronze ont été fondu dans une fonderie artisanale qu’il a crée dans le village provençal où il est établi depuis le milieu des années 70. Puis, il s’est intéressé au cristal coulé en réalisant des sculptures telle « Emeraude » avant de devenir un des artistes phare des cristalleries Daum. Ses dernières expériences l’amène vers l’utilisation de l’émail blanc ou coloré, l’argenture, le nickelage sur de grandes pièces, car pour Jean- Philippe Richard, l’idée ne précède pas sa réalisation mais est impliquée dans la matière.

Ses sculptures se reconnaissent à une forme achevée qui reste partiellement prise dans un bloc socle dégrossi. Le résultat toujours frappant est un équilibre entre un modèle englué dans la masse brute et un élan donné à l'oeuvre qui semble ainsi prête à s'en échapper. L’influence de Rodin est indéniable et l’artiste la revendique: ce peut être comme dans «devant la mer » ou dans des figures de nus telle « pleine lune », et plus récemment la série des « femmes étoiles ». Ces oeuvres très sensuelles, mais délicates montrent par leur mouvement souple une force des formes. Les corps sont dépouillés, quelque fois un reste de drapé travaillé accompagne des courbes comme dans « Angélica ».

Mais le travail de Jean-Philippe Richard est connu avant tout pour un second groupe de sculptures, ces silhouettes sont vite reconnaissables par cette forme en S allongé. Les oeuvres présentent une ligne épurée, verticale, et le sculpteur ne craint pas de renouveler la figure sacrée de la kourès de la Grêce archaïque : les visages sont sereins, les corps fins, les bras entravés dans un drapé, le bas de celui-ci peut devenir rocher ou matière minérale. Paradoxalement, même si le corps de la femme est entravé et étiré, il est aussi respecté et idéalisé. Comme Ingres, l’artiste n'hésite pas à accentuer l'anatomie de ses modèles pour atteindre son idéal de beauté. Ainsi dans ses sculptures en pied, l’artiste affectionne une figure hiératique, solennelle, comme détachée du monde qu’il développe principalement en ronde bosse. Le sculpteur porte en lui l'expression d'une sensibilité, ces femmes sont des êtres perdus dans un monde à part que l'on regarde de l'extérieur, un monde au rythme binaire, symbolisé par à la fois sa force et sa douceur.

Jean-Philippe Richard donne ainsi à la sculpture figurative contemporaine une nouvelle simplicité d’une représentation féminine comme dans la statuaire antique. Classique et contemporain, c’est un artiste rare mais populaire dans le paysage de l’art d‘aujourd’hui qu’il prend à rebrousse poil : de plus en plus, le sculpteur oriente son travail vers des notions intemporelles de l’art : l’harmonie, la beauté, la délicatesse des sentiments. Il dit ainsi : « Chaque sculpture doit représenter un maximum avec peu d’éléments. Surtout pour les choses essentielles : par exemple, voir le regard en gommant les yeux. »

Interview de Jean-Philippe

Quand êtes vous entré pour la première fois dans cet atelier ?

J’ai commencé à y travailler en 1980.
Cet atelier a tellement vu d’étapes et d’expérimentations différentes que je ne me vois pas travailler ailleurs. Il me correspond complètement.


Comment travaillez vous ?

Je démarre toujours sans idée préconçue. Mettre en place, mettre de la terre, en enlever et attendre d'être surpris par ce qu'il se passe. A un moment, la statue est terminée.
Ou peut-être jamais, en fait.
Dans l'atelier, j'enlève les plastiques qui maintiennent la sculpture en cours, humide, je l’arrose pour lui donner souplesse et brillance.
J'hésite toujours à redémarrer, à me lancer dans ce qui me fera dépenser une grande énergie : changer un volume, ou la position d'une tête.
Le matin, j'arrive avec un regard neuf sur le travail laissé le soir dans la pénombre. L’oeuvre en cours est sur son châssis, je la fait tourner et je la redécouvre, j’évalue l’avancée du travail, et ainsi de suite durant plusieurs semaines ou plusieurs mois.


Quelle terre utilisez vous ?

J'ai démarré tout de suite avec la terre de Bollène. J’aime une terre très chamottée. Il faut également que la couleur de la terre me plaise. Lors de la cuisson, j’adapte la température de cuisson pour obtenir cette couleur beige rosée qui varie avec la force du Mistral.


Quels sont vos outils ?

Quelques morceaux de bois et des cailloux.


L'atelier semble aussi un espace d'expérimentation pour vous ?

Il y a toujours des essais de matières en cours, émail, métal, verre, marbre ou autres terres.


Comment faites vous vos bronzes ?

L'original en terre est enlevé par la fonderie. Celle-ci réalise ensuite le moule pour la cire puis le bronze. Les bronzes me reviennent brut. Tout ce qui est soudure, ciselure et patine sont réalisés à l'atelier par mon assistant, Eric Ortiz que j'ai formé moi même.